Communiqué de la FÉUO sur la mort d’Abdirahman Abdi

août 10, 2016

OTTAWA – L’exécutif de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), dont trois membres sur six s’identifient en tant que Noirs et deux sur six s’identifient en tant que musulmans, souhaite exprimer notre outrage et notre tristesse face à la tuerie policière d’Abdirahman Abdi.

Nous exprimons nos condoléances les plus profondes et sincères à la famille Abdi. L’incident violent qui a pris la vie de M. Abdirahman Abdi, 37 ans, le dimanche 24 juillet dernier est une démonstration très claire de la brutalité policière qui affecte disproportionnellement et surtout les corps noirs. En tant que syndicat étudiant progressiste, nous croyons fortement que l’union fait la force et nous désirons prendre une position unie contre la violence anti-noire, capacitiste et islamophobe omniprésente au sein de notre société, incluant nos forces policières.

« Nous tenons la famille et les amis d’Abdirahman Abdi dans nos cœurs. Il est honteux de voir que les gens chargés de notre protection nous font du mal à la place », a indiqué Hadi Wess, Vice-président aux affaires sociales de la FÉUO. « Il y a encore beaucoup de travail à faire afin de démanteler la stigmatisation présente autour de la santé mentale ainsi que de combattre le racisme et l’islamophobie qui existent encore dans notre société, même en 2016. »

De plus, nous demandons au Maire de la Ville d’Ottawa, M. Jim Watson, de s’excuser pour son silence à ce sujet, indiquant sa complaisance avec le système présentement en place. M. Watson a envoyé un message clair aux communautés affectées qu’il ne défende pas les citoyens qui meurent aux mains de ses forces policières.

En tant que représentants élus, que ça soit au niveau de notre syndicat étudiant ou à n’importe quel échelon du gouvernement, nous avons un devoir de représenter et de protéger nos membres et nos citoyens avant tout. Le manque de soutien envers les communautés affectées de la part du maire, selon nous, démontre une négligence de la violence récurrente contre les corps noirs, un sujet qui est davantage discuté dans les médias, mais qui a toujours été une réalité pour ceux qui vivent cette violence.

« Tu ne peux pas soutenir la famille et les communautés affectées par ce meurtre pendant que les hommes qui ont tué Abdirahman se font encore payer », a dit Vanessa Dorimain, Vice-présidente aux affaires universitaires de la FÉUO. « Les communautés se sont réunies et ont rencontré la police en avant de leur bureau avec une liste de recommandations ; nous soutenons ces recommandations et continuerons à faire pression sur nos politiciens jusqu’à ce qu’elles soient adressées. »

Les recommandations sont :

  1. De reconnaître qu’il y a une crise au sein du Service de police d’Ottawa (SPO) lorsque ça vient aux interactions entre les autorités et les membres des communautés racisées, surtout ceux avec des enjeux de santé mentale ;
  2. D’établir un groupe de travail afin d’examiner cette crise et le nombre disproportionné d’hommes noirs et de gens avec des différences de santé mentale qui ont été tués par la police, ainsi que d’investir du financement aux programmes et aux politiques législatives qui adressent les problèmes systémiques des communautés vulnérables et racisées. Analyser les meilleures pratiques en matière de police communautaire, consulter les communautés et fournir une revue compréhensive des services policiers, ainsi qu’un plan d’action pour le changement, y compris une chronologie spécifique ;
  3. De répondre à l’affirmation de la Commission ontarienne des droits de la personne « qu’il n’y a pas de mécanisme efficace afin de tenir la police responsable de la discrimination systémique » et fournir une solution à cette lacune ;
  4. De modifier la législation pour s’assurer que l’Unité des enquêtes spéciales (UES) fournisse ses rapports au public, jusqu’à ce que le système soit entièrement revu et remodelé afin de fournir une supervision transparente, efficace et indépendante des forces policières ;
  5. De s’engager à transférer les policiers qui font l’objet d’une enquête pour avoir causé la mort ou une blessure grave à des tâches administratives, ainsi que d’interdire tout forme d’interaction avec les membres des communautés affectées jusqu’à ce que l’enquête soit complétée ;
  6. De mettre en place les recommandations faites par l’Ombudsman de l’Ontario dans le rapport récent intitulé « Une question de vie ou de mort » et fournir des mises à jour régulières aux communautés ;
  7. De créer des standards uniformes à travers tous les services policiers dans chaque province par rapport à la formation en matière d’interaction avec des individus ayant des enjeux de santé mentale, tel que référé dans le Cadre des politiques de santé mentale et de justice criminelle du Centre de toxicomanie et de santé mentale ;
  8. D’exiger que l’Unité des enquêtes spéciales (UES), le Bureau du directeur indépendant de l’examen de la police (BDIEP), la Direction générale de l’action contre le racisme de l’Ontario, le Ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels et Statistiques Canada recueillent et publient des données basées sur la race au sujet des interactions entre polices et citoyens, y compris, mais sans s’y limiter à l’usage de la force des services policiers ;
  9. De créer un groupe de travail chargé de la révision de toutes les recommandations des enquêtes du coroner faites depuis 2001, ainsi que d’identifier les recommandations clés qui nécessitent une réponse et implémentation immédiate ;
  10. D’exiger que tous les services de police de chaque province s’équipent de caméras corporelles, ainsi que de placer des caméras dans les véhicules policiers.

La liste originale des recommandations peut être retrouvée en ligne (en anglais seulement) sur le site web de Justice For Abdirahman.

La FÉUO représente la voix des 36,000 étudiant.e.s au premier cycle à l’Université d’Ottawa.

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Pour de plus amples renseignements :
Francesco MacAllister-Caruso
Vice-président aux services et communications
(613) 562-5800 ext. 4072 (tél. bureau) ou vp.communications@sfuo.ca (courriel)